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BREAKING (RE)NEWS DU 19 AVRIL 2024

Fin de la trêve pascale pour la Breaking (RE)NEWS ! D’autant que la transition, elle, ne connaît aucune trêve. Le prolongement des tendances se poursuit, tant au niveau du climat – nous en sommes en France au 14ème mois consécutif de températures au-dessus des moyennes normales de référence – qu’à celui des petits renoncements législatifs et réglementaires successifs, français et européens, tandis que l’Etat, les entreprises et les individus n’effectuent leur transition qu’à pas très comptés. Voire font marche arrière, dans certains cas. Bref, le compte n’y est pas et les scientifiques et autres Prix Nobel d’économie continuent de jouer les lanceurs d’alerte, multipliant des propositions concrètes audacieuses mais peu audibles en période pré-électorale. Pour citer l’éditorialiste du Monde : « Tout se passe comme si les enjeux climatiques et environnementaux se trouvaient percutés par les angoisses politiques et électorales de court terme. »

Il y a tout de même des choses qui bougent et dans le bon sens. Après 30 ans de combats judiciaires et scientifiques, la guerre des PFAS semble lancée. En France, le projet de loi interdisant l’usage des PFAS dans un certain nombre de produits – mais pas dans les ustensiles alimentaires, suite à l’intervention de de SEB [GP1]  – a été voté à la quasi-unanimité. En attendant des décisions au niveau européen qui pourraient s’avérer plus drastiques encore, pour peu qu’elles soient définitivement adoptées. Et aux Etats-Unis, dans un décision jugée « historique », des seuils limites quantitatifs aux polluants éternels présents dans l’eau courante viennent d’être fixés. La plupart des Américains, qui n’avaient jamais entendu parler des per- et polyfluoroalkylées (PFAS), viennent d’apprendre à la fois l’existence de ces substances chimiques toxiques et celle de la première réglementation jamais émise aux Etats-Unis pour en limiter la circulation dans l’eau que 100 millions d’entre eux boivent tous les jours. Dans une décision qui a suscité l’enthousiasme des spécialistes de la santé publique, l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) a publié, mi-avril, la première norme contraignante concernant ces polluants non biodégradables utilisés depuis les années 1950 dans la fabrication de poêles résistantes à la graisse et à la chaleur, de vêtements d’extérieur, de jouets ou de cartons de pizza, et présents maintenant dans les sols, l’eau courante et le corps des Américains. L’EPA espère prévenir « des milliers de décès prématurés et des dizaines de milliers de maladies graves », y compris certains cancers, ainsi que limiter l’impact de ces produits sur le système immunitaire et le développement des jeunes enfants, a affirmé Michael Regan, l’administrateur de l’agence. « Nous nous sommes considérablement rapprochés d’une fermeture définitive du robinet des polluants chimiques éternels », affirme-t-il. Selon l’organisme chargé de la santé publique aux Etats-Unis, les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC), la présence des PFAS est mesurable dans le sang de pratiquement tous les Américains. Comme de tous les européens.

On en trouve d’ailleurs jusque dans les eaux dites minérales de Nestlé, selon une note confidentielle de l’ANSES ! « Heureusement », comme dit L’Usine Nouvelle, les spécialistes de la gestion de l’eau potable, à commencer par Suez et Veolia, ont déjà trouvé des solutions. Veolia travaille depuis 2019 aux Etats-Unis sur la détection et l’élimination de ces polluants.  Le pays fait figure de précurseur dans la lutte contre les PFAS : une prise de conscience provoquée par la sortie du film « Dark waters », réalisé par Todd Haynes, en 2019, poursuit L’Usine Nouvelle. Dans un communiqué, le leader mondial des services à l’environnement rappelait qu’à « ce jour, le groupe y a traité plus de 8 millions de m3 d’eau en utilisant près de 450 tonnes de charbon actif granulaire et d’autres matériaux qui permettent de séparer les PFAS réglementés et d’autres contaminants de l’eau, réduisant leurs niveaux en dessous des seuils réglementaires ». Veolia s’attaque donc aux PFAS dans l’eau depuis cinq ans… aux Etats-Unis. Vivement qu’il s’y attaque aussi en France .

Pour entamer nos rubriques hebdomadaires, débutons par notre grand classique préféré : la météo. On sait que 2023 a conclu la décennie la plus chaude jamais enregistrée, mais 2024 s’annonce plus fort encore. Ainsi, le record absolu de la semaine concerne nos océans : cela fait désormais plus d’un an que la température des océans, régulateurs majeurs du climat qui recouvrent 70 % de la Terre, est plus chaude que toutes les annales. Mars 2024 établit donc un nouveau record absolu, tous mois confondus, avec 21,07 °C de moyenne mesurés à leur surface (hors zones proches des pôles) par Copernicus. Chaleur sur les terres, chaleur dans la mer, évaporations à tous les étages, l’une des conséquences de tout cela est la raréfaction de l’eau et ses cascades de répercussions. Parmi les illustrations récentes, de graves pénuries d’eau frappent le Vietnam, la Catalogne ou encore l’Afrique australe : après le Malawi et la Zambie, 2,7 millions de personnes sont menacées par la famine au Zimbabwe, qui a déclaré l’état de catastrophe nationale. Bogota vient de rationner l’eau potable, et la crainte des pénuries plane sur la campagne électorale au Mexique. A l’inverse, la Russie, le Brésil ou la France ont connu des inondations remarquables. L’influence du changement climatique sur chaque événement reste à prouver par des études scientifiques. Mais il est établi que le réchauffement climatique, en accentuant l’évapotranspiration et en augmentant l’humidité potentielle dans l’air, accentue l’intensité de certains épisodes de précipitations.

C’est dans ce contexte que nos lanceurs d’alerte de la semaine s’expriment. D’abord un collectif de plus de 260 scientifiques français, dont le climatologue Jean Jouzel, qui signe dans Le Monde une tribune au titre explicite : « Une défiance grandissante s’installe dans notre communauté scientifique vis-à-vis du pouvoir politique ». Et d’enfoncer le clou : « Nous observons depuis des années, comme nombre de nos concitoyens, le clivage entre annonces et (in) action publique (…) Comme scientifiques, nous pensons que ne pas participer à la légitimation de discours déconnectés du réel est une responsabilité éthique. » Les choses sont dites. Autre alerte, toujours dans Le Monde, lancée par la Prix Nobel française d’économie, Esther Duflo : « Il faut offrir une compensation aux citoyens les plus pauvres du monde et les aider à s’adapter au changement climatique ». Invitée au G20 qui s’est tenu cette semaine au Brésil, elle y a présenté deux recommandations. La première est la création d’une taxe minimale sur les grandes multinationales, sur laquelle les pays se sont déjà mis d’accord à un taux de 15 %, et qui pourrait être relevée de deux ou trois points. La deuxième est la reprise de la proposition du centre de recherche EU Tax Observatory sur une taxation annuelle de 2 % sur les 3 000 milliardaires les plus riches du monde, qui a été reprise au G20 comme une proposition centrale de la présidence brésilienne. Ensemble, ces deux pistes permettraient de lever plus de 450 milliards d’euros. Un minimum pour compenser la « dette morale » des pays développés, principaux responsables de la crise climatique tandis que les plus pauvres prendront de plein fouet ses conséquences. Esther Duflo explique qu’« en combinant une estimation du coût d’une année de vie perdue, l’effet attendu d’une tonne de CO2 sur les températures et l’effet des températures sur le climat, les chercheurs ont calculé la valeur monétaire de l’effet de chaque tonne de carbone sur la mortalité future : 37 dollars. Chaque année, les émissions de l’Europe et des Etats-Unis imposent donc un coût de 485 milliards d’euros, rien qu’en vies perdues, aux pays les plus pauvres. Cela est notre dette morale. »

A propos de grands chiffres, celui de la semaine comporte beaucoup de zéros : 38 000 milliards de dollars ! C’est l’impact économique du changement climatique sur les revenus d’ici 2050, selon une nouvelle étude inédite publiée mercredi 17 avril dans la revue Nature par les chercheurs de l’Institut de recherche sur l’impact climatique (PIK) de Potsdam, en Allemagne. Ce montant s’avère six fois plus important que les coûts d’atténuation nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 2°C. C’est toujours utile de mettre en regard le coût de l’inaction à celui de l’action, pour relativiser ce dernier !

Revenons en Europe et parlons « transition au quotidien » avec la collecte de la semaine : elle concerne les PET, avec des chiffres encourageants au niveau européen. Entre 2020 et 2022, le taux de collecte des emballages en polyéthylène téréphtalate (PET) a grimpé de 45 à 60% en Europe, selon une étude du cabinet Icis, réalisée en partenariat avec les associations professionnelles Petcore Europe, Plastics Recyclers Europe et Natural Mineral Waters Europe et reprise par L’Usine Nouvelle. Cela représente un gisement de 3 millions de tonnes, dont 2,8 millions de tonnes pour les seules bouteilles. Le champion de la catégorie est l’Allemagne, avec un taux de 95%. La suivent la Finlande, la Lituanie et la Belgique (92%), la Norvège (88%), l’Estonie, la Suède et la Croatie (86%). La France affiche un taux de 47%. La Grèce ferme la marche avec un taux de 28%. Pour les auteurs de l’étude, la première explication tient aux effets de la directive européenne sur les produits en plastique à usage unique (SUP). Dans le même temps, les capacités de recyclage mécanique du matériau s’élèvent à 3 millions de tonnes. Là aussi, l’Allemagne est installée sur la première marche du podium, avec une capacité de 630 000 tonnes. Derrière, l’Espagne et le Portugal peuvent traiter quelque 500 000 tonnes chacun. L’Italie, la France et le Royaume-Uni suivent. La capacité d’extrusion des paillettes en PET recyclé (rPET), elle, avoisine 1,4 million de tonnes. Et l’emballage est le premier débouché de la matière secondaire, en consommant 48% des volumes pour les bouteilles – soit 50% de plus qu’en 2020 – et 25% pour les feuilles qui seront transformées ensuite en barquettes. Les bouteilles contenaient ainsi, en moyenne, 24% de rPET en 2022. Enfin, les fibres de polyester récupèrent 15% des volumes recyclés.

A propos de recyclage et autre réemploi, le « score » de la semaine est un éco-score et il concerne les produits textiles : Le ministère de la Transition écologique a présenté début avril sa méthode de calcul devant permettre aux entreprises, d’ici quelques mois, d’afficher « le coût environnemental » de leurs produits textiles. En théorie, l’affichage d’un tel indicateur est obligatoire depuis 2021 et la promulgation de la loi Climat et Résilience. L’aboutissement d’un long processus développé avec l’Agence de la transition écologique (Ademe), objet de nombreuses consultations avec « une soixantaine d’acteurs », précise le ministère de l’Ecologie, dont « une grande diversité de marques » d’habillement, allant de la « fast fashion ou ultra fast fashion jusqu’aux marques de luxe en passant par les marques de modes traditionnelles ». Les équipes du Ministre citent notamment Decathlon, Sandro, Maje ou encore Kiabi. Le gouvernement table sur « une mise en place encadrée et volontaire à l’automne 2024 » et une possible obligation en 2025, raconte Libération.

Le désert de la semaine qui n’en sera pas un, espère-t-on, concerne les assurances contre les risques climatiques : le gouvernement entend empêcher le développement de « déserts assurantiels », expliquent Les Echos, en contraignant les assureurs à ne pas quitter ces endroits particulièrement menacés par les inondations, sécheresses et autres évènements climatiques extrêmes, dans lesquels ils ont peu à gagner, financièrement. Un système de bonus-malus est à l’étude, les assureurs méritants étant récompensés, au détriment de ceux tentés de déserter une région « à risque ».

Le secteur de la semaine est indiscutablement celui de la voiture électrique, en proie à de forts soubresauts. A moins que vous ne soyez Parisien et donc, de facto, privé de voiture et sans appétence pour le sujet, vous aurez constaté que les interrogations se multiplient, ces jours-ci, concernant l’automobile électrique. S’il y a bien une certitude qui fait pourtant l’unanimité, des scientifiques et des Etats, du GIEC au SGPE, c’est la reconnaissance que l’électrification du parc automobile est la mesure la plus urgente et la plus efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. Or force est de constater que les ventes des voitures électriques progressent moins vite que prévu, partout dans le monde, comme l’indique The Economist, en dépit d’un démarrage encourageant et des efforts budgétaires faits pour motiver les automobilistes. L’annonce par Tesla d’une réduction de 10% de ses effectifs dans le monde, des constructeurs chinois – en pointe – qui s’émeuvent de leurs surcapacités de production, l’Allemagne et d’autres pays européens qui font tout pour retarder l’échéance réglementaire de la fin du moteur thermique : les indices se multiplient qui pointent tous vers un cheminement plus lent de l’électrification des parcs. Une crise de croissance, donc, qui en rappelle d’autres et pose des questions qui de fait concernent l’innovation en général. On s’aperçoit une fois de plus qu’il n’y a pas de « one size fits all ». Il faut de petites voitures électriques, légères et peu chères, de même que des grosses, selon l’endroit où l’on vit et si l’on a accès à des alternatives de transports publics. [GP2] Il faut de la réglementation, pour motiver les fabricants et les consommateurs, mais pas trop, pour éviter les blocages. Il faut un soutien budgétaire, pour amorcer la pompe, mais rester conscient que son arrêt ne doit pas être brutal, au risque sinon de stopper la machine. La transition est décidément l’art du « en même temps » !

La condamnation de la semaine concerne la Suisse mais c’est un coup de semonce pour l’ensemble des Etats européens : la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme), que l’on connaît mieux pour ses décisions concernant la torture et autres extraditions abusives, s’est déclarée compétente et s’est donc prononcée, pour la première fois de son histoire, sur un sujet de responsabilité climatique. Les attendus sont assez complexes et les plaignantes in fine déboutées, mais, nous explique Le Monde, le jugement est historique car, en substance, la cour a considéré que les Etats doivent réduire davantage leurs émissions afin de défendre les droits de l’homme. Ce qui ouvre la voie à de nombreuses procédures…

Justice toujours, la suspension de la semaine est celle du décret interdisant, en France, l’usage des appellations « viande végétale ». Dans une décision rendue le 10 avril, le Conseil d’Etat a donc suspendu le décret interdisant ces appellations. Les juges émettent de “sérieux doutes” sur la compatibilité du décret avec la législation européenne, et pointent “une atteinte grave et immédiate” aux intérêts de la filière végétale. Publié par le gouvernement fin février, à la demande notamment du secteur de la viande et de l’élevage, ce décret interdisait aux acteurs français de l’agro-alimentaire végétale de commercialiser des produits sous les noms “jambon végétal”, “lait végétal” ou encore “saucisse vegan”. La décision du Conseil d’Etat permet aux entreprises commercialisant des protéines végétales d’utiliser à nouveau ces appellations. C’est une bonne nouvelle pour la transition écologique de l’alimentation, qui est l’une des clés de la transition écologique dans le secteur agro-alimentaire, selon les rapports du GIEC. Le Monde rappelle que ce décret avait été pris dans l’urgence pour calmer les agriculteurs on moment de la fronde du Salon de l’Agriculture. L’urgence est souvent mauvaise conseillère du Prince…

Toujours dans le registre de l’agro-alimentaire, la Une de la semaine nous ramène vers l’eau minérale, avec cette jolie trouvaille signée, une fois de plus, Libération :

Il n’y a pas que l’eau minérale qui pose problème, il y a aussi celle simplement potable. Et là on ne parle plus des PFAS mais juste de rareté de la ressource. La ressource de la semaine est donc à nouveau l’eau, avec un rapport de France Stratégie, service de Matignon chargé de la prospective, qui l’affirme : avec une ressource en baisse et des consommations en hausse, les tensions vont s’accroître en France. France Stratégie détaille les pressions sur la ressource hydrique, dont le partage sera de plus en plus un enjeu majeur d’adaptation au changement climatique. France Stratégie ne s’aventure pas encore à faire des recommandations sur les économies en fonction des usages. « Nous ne prononcerons pas sur ce qu’il faudrait faire. Un effort de sobriété de tous les secteurs devra être engagé ». Une prudence qui en dit long sur l’importance de l’enjeu.

Ressource toujours, minérale cette fois, la « course contre la montre » de la semaine est celle de l’intensification des recherches dans nos sous-sols. La semaine dernière, Bruno Le Mare visitait en Seine-Saint-Denis le chantier d’une centrale géothermique. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050 à temps, le gouvernement veut simplifier le droit minier et accélérer l’exploitation de ses ressources au service de la transition climatique. Le sous-sol est un allié incontournable, que ce soit pour y extraire des métaux indispensables, comme le lithium ou le cuivre, y puiser de l’énergie décarbonée via la géothermie ou encore stocker le carbone résiduel des procédés industriels impossibles à décarboner. Toutes ces ressources sont présentes dans la croûte terrestre française. Néanmoins, « pour les trouver, il faut aussi explorer notre sous-sol », a fait remarquer le ministre, cité par Les Echos. La modernisation en cours du Code minier vise précisément à accélérer cette phase en ramenant les délais d’instruction des permis exclusifs de recherche entre 6 à 9 mois, contre 16 à 18 mois aujourd’hui.

L’infographie de la semaine nous est offerte par Novethic et elle concerne l’inflation galopante des déchets électriques et électroniques au niveau mondial. Basée sur le dernier rapport de l’ONU sur le sujet, alimenté par des données du Global e-Waste Monitor 2024, elle est assez parlante pour s’éviter de la commenter . Précisons simplement qu’en Europe, l’Hexagone arrive en quatrième position des pays les plus producteurs de e-déchets par habitant, derrière la Norvège, la Grande-Bretagne et la Suisse, avec 22 kg par Français et par an. Ce chiffre réunit tout autant les smartphones, les cigarettes électroniques, les sèche-cheveux, les tablettes et les cuisinières, que les machines à laver ou encore les panneaux photovoltaïques. Si les déchets explosent, le recyclage, lui, ne suit pas. Seulement 22,3% des équipements mis au rebut ont été collecté et recyclés de manière écologique, passant de 8 millions de tonnes en 2010 à 13,8 millions en 2022. [GP3] Les chiffres français sont un peu meilleurs. Selon l’ADEME, le taux de collecte s’élevait déjà à plus de 44,3 % en 2020.

Côté préservation de la biodiversité, le jacuzzi pour baleine de la semaine a pour nom Deception Island, le seul endroit au monde où l’on peut naviguer à l’intérieur d’un volcan actif. Cette bizarrerie de l’Antarctique est une caldeira volcanique active navigable. Un lieu étrange, découvert en 1815, qui porte le nom d’Île de la Tromperie parce que sa cavité interne ne se voit pas de l’extérieur. La chaleur du volcan fait d’elle une oasis dans le désert glacial antarctique. Un jacuzzi pour les baleines, donc, avec une plage de sable noir chauffée par le magma. Mais le premier navire de croisière commercial y est arrivé en janvier 1966, une base scientifique réputée s’y est développée et au fil du temps, l’île est devenue le site le plus visité de tout le continent de glace. On atteindrait maintenant près de 1000 nouveaux voyageurs par an. Donc s’il fallait commencer par protéger un site de la massification du tourisme antarctique, ce serait Deception Island. Pour l’instant, les expéditions coûtent encore cher, mais la question du tourisme durable se pose désormais sur tous les continents. L’auteur de ces lignes en profite pour adresser ses remerciements et félicitations à Maxime Blondeau qui sur LinkedIn nous régale de ses images commentées, parvenant à se faire rejoindre le plaisir des sens visuels et une pédagogie efficace !

Le clin d’œil de la semaine, qui n’a, l’espère-t-on, aucun rapport avec nos sujets, concerne un film de science-fiction prochainement sur nos écrans (larges), au nom évocateur : RESET Un futur proche, un monde dystopique façonné par les politiques d’un gouvernement autoritaire du bloc de l’Est où règne une dictature numérique cauchemardesque avec des cartes de citoyen dictant l’accès aux services publics et des libertés individuelles disparues. Les premières images de ce long métrage seront présentées pendant le prochain Festival de Cannes. L’occasion de s’amuser avec toutes ces affiches de films récents ou anciens qui tous mettent « reset » à l’honneur :

Nous, chez (RE)SET, le vrai, celui avec le RE entre parenthèses, on fait tout pour éviter l’avènement de ces mondes-là, peu enthousiasmants pour la plupart .

La devinette de la semaine dernière (au sens large ) nous faisait revenir en France. Sur cette carte, que pouvaient bien représenter ces petits points allant du vert pâle au rouge foncé ? On en compte plus qu’ailleurs en Ardèche, Pyrénées-Orientales, Hautes-Alpes et Corse (c’était l’indice).

La réponse en légendes (comme quoi, lire les légendes est toujours essentiel…) ici :

Il s’agissait donc des communes françaises les plus affectées par des fuites d’eau potable, infographiées par Libération. En ces périodes de raréfaction tendancielle de l’eau, on sait donc où commencer à agir rapidement…

La devinette de cette semaine nous fait rester les pieds dans l’eau. Où cette photo a-t-elle bien pu être prise ? L’indice : il y a fait généralement très chaud et… horriblement sec.

Bonnes lectures et bon week-end !

[Pour rappel, (RE)SET, fondé en 2019, est le premier cabinet de conseil indépendant dédié à la transition économique et environnementale et taillé pour l’action. « (RE)SET : resources to win environmental and economic battles ! » Forcément partielle, parfois partiale, toujours engagée, cette revue des médias au ton souvent enlevé, voire impertinent, n’engage aucunement (RE)SET dans ses activités de conseil mais elle brosse un portrait que nous estimons intéressant de l’état de la transition telle qu’elle transparaît dans la presse et les travaux de recherche. Une photographie du débat, des forces en présence, des oppositions, des convergences, que nous espérons utile à vos décisions et à la construction de vos stratégies de transition.]

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