BREAKING (RE)NEWS DU 2 FÉVRIER 2024 : LA DIGUE A CEDE!

La quasi-totalité des Français, dont vous fidèles lecteurs de la Breaking (RE)News, ainsi que l’auteur de ces lignes, trouveront en remontant quelques générations dans leurs arbres généalogiques, des paysans. C’est sans doute pour cela aussi qu’on les aime, nos agriculteurs. On les aime même tellement que nos dirigeants sont tentés de faire de grosses bêtises, d’un point de vue scientifique. Et ils lâchent sur un peu tout et n’importe quoi. Mais sont-ce là de vraies preuves d’amour ? Abandonner Ecophyto – qui n’a jamais vraiment fonctionné – pour continuer d’utiliser trop de pesticides ? Exclure les surtranspositions de réglementation européenne, alors qu’il en existe très peu dans ce secteur ?  Continuer de subventionner toujours plus un modèle de production agricole dont on sait qu’il est condamné à terme ?

Alors que les tracteurs rejoignent leurs champs, les experts de l’environnement sont « abasourdis », pour reprendre le qualificatif des Echos, un quotidien où l’on trouve peu de journalistes « écolo-gauchistes ».  « La digue a cédé », poursuivent Les Echos, qui poursuit : « Après avoir résisté sur l’essentiel, le gouvernement a finalement lâché du lest sur l’écologie pour donner des gages aux agriculteurs en colère (…) L’avenir dira combien de temps cette pause durera – ce qui révélera au passage les véritables ambitions de la France sur la transition écologique.

Passant des Echos à Libération, cela donne ces deux « Unes » que 24 heures séparent :

Le gouvernement a donc décidé de satisfaire la quasi-totalité des exigences de la FNSEA, pour faire court. Notamment, Gabriel Attal a promis que « toutes les aides » européennes de la politique agricole commune « seront versées sur les comptes bancaires des exploitants d’ici le 15 mars », qu’un « fonds d’urgence serait constitué avant la fin de la semaine pour soutenir nos viticulteurs, particulièrement en Occitanie », et qu’un « grand plan de contrôle sur la traçabilité des produits » sera mis en place afin de « garantir une concurrence équitable ». Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé des mesures de simplification destinées à « déverrouiller » les contraintes administratives qui pèsent sur les exploitants. Fini, les « surtranspositions » de directives européennes, jure le premier ministre. Enfin, alors que l’Elysée martèle que le « présent des agriculteurs » ne doit pas compromettre « le futur des générations », Marc Fesneau annonce une « pause » dans le plan Ecophyto, visant à réduire progressivement l’usage des pesticides. Cette suspension du plan Ecophyto a mis le feu aux poudres, côté défenseurs de l’environnement : un « signal désastreux ». Si l’on osait, on relativiserait presque l’importance de cette mauvaise décision, car cette dernière mouture du Plan Ecophyto, la troisième, faisait suite à deux précédentes avec toujours le même objectif : diminuer de moitié l’usage des pesticides en France. Ce qui n’est jamais arrivé : il n’a pas cessé d’augmenter depuis 20 ans, actant le piteux échec des plans Ecophyto successifs. Celui-ci aura donc échoué plus rapidement.

Autre mauvais signal dont on pourrait cyniquement penser qu’il ne changera pas grand-chose : la surtransposition des normes européennes, désormais exclue. Car en réalité, nous explique Pierre-Marie Aubert, spécialiste de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), dans un entretien à La Croix : il n’y en a pratiquement aucune en France…

Il semble que ni la FNSEA ni le gouvernement n’aient eu le temps, en cette période de crise, de lire un article opportunément publié dans le Financial Times et repris dans Courrier International qui s’appesantit sur le nouveau rapport du « Food System Economics Commission », que l’on vous recommande sans réserve et que vous pouvez lire en suivant ce lien. Ce rapport nous dit que transformer le système alimentaire mondial pour aller vers un modèle plus durable, meilleur pour la santé, le climat et la biodiversité augmenterait les prix agricoles « d’environ un tiers d’ici à 2050 », mais cette hausse serait compensée par des gains pouvant atteindre 10 000 milliards de dollars par an. Le Food System Economics Commission, un groupe indépendant de quelque 60 chercheurs en économie et en développement durable, a travaillé quatre ans pour établir que l’actuel « coût environnemental des systèmes alimentaires s’élève à 3 000 milliards de dollars par an et les coûts supplémentaires pour la santé à 11 000 milliards de dollars au moins par an ». Adopter un régime alimentaire plus sain (plus de fruits et légumes, moins de viande) permettrait ainsi d’économiser de 5 000 à 10 000 milliards de dollars par an, « même en tenant compte des coûts supplémentaires liés à la transformation de la production et de la consommation », selon le rapport. Son site internet support calcule en temps réel les « hidden costs » de la nourriture, accumulés depuis la conclusion des accords de Paris. A l’heure où ces lignes ont été écrites, le chiffre était de : 120 378 599 208 748 dollars. Soit beaucoup d’euros 😉

Dans une tribune au Monde, le biologiste Marc-André Selosse, spécialiste de la vie des sols, va dans le même sens en rappelant que «  les mesures demandées par la profession agricole, voire accordées par le gouvernement, enferment dans la dépendance aux combustibles fossiles ou aux pesticides, et retardent la mise en place d’alternatives. Mais la réalité écosystémique et sanitaire est têtue : le fossé qui la sépare des pratiques agricoles augmente et promet, à terme, un atterrissage encore plus violent. »

Alors pourquoi ? Pourquoi avoir entériné ces jours-ci la poursuite d’un modèle de développement agricole dont on sait qu’il n’est pas tenable à terme ? Eric Le Boucher, éditorialiste aux Echos, a son idée sur la question : « A coller, en tous sujets, à l’imposture des deux populismes d’extrême droite et d’extrême gauche, les débats médiatico-politiques en France tombent systématiquement dans la démagogie et l’illusion du simplisme, le tout arrosé en continu de « polémiques », de « déclins » et de peurs. C’est le tour aujourd’hui de l’agriculture. »  « En résumé voilà le ton du cri national : haro sur le libre-échange, haro sur l’Europe et haro sur cette écologie qu’on ne supporte plus ! Le malheur de ce charlatanisme est que l’agriculture française, comme la France en général, a tout au contraire besoin du libre-échange, elle a besoin de l’Europe et elle doit, malgré les difficultés, changer de modèle pour passer à l’agroécologie ». « La nouvelle révolution de l’agroécologie (…) peut servir à construire un nouveau modèle pour la France et lui réapprendre à bien exploiter ses immenses richesses naturelles. La condition première est, pour tous les Français, et d’abord les paysans, de sortir du simplisme et de ne pas écouter les démagogues. »

Mais comment ne pas écouter les démagogues quand ils sont partout, s’interroge Médiapart qui a bien noté que la droite de la droite (pour rester poli), avec les « médias Bolloré » (JDD, CNews, C8, …), avait fait feu de tout bois, tous au diapason de l’angoisse paysanne…  La palme revenant à CNews qui mettait son logo à l’envers tandis que défilaient les accusations fielleuses des intervenants contre « les petits hommes gris de Bruxelles » …

De son côté, Le Figaro n’était pas en reste, s’essayant à l’humour, et s’attaquant aux eurocrates avec délectation : Bernard [l’eurocrate] sait que le programme « Farm to Fork », puisqu’il impose la décroissance, nuira au pouvoir d’achat des Européens, mènera au suicide de quelques agriculteurs et menacera de famine les pays africains importateurs (pays de toute façon trop peuplés). Mais il permettra de réduire un peu la quantité de gaz à effet de serre émise par l’agriculture européenne ; or, celle-ci étant responsable de 0,7 % des émissions mondiales, cela vaut le coup. »

Tout cela fonctionne parfaitement, au moins auprès des lecteurs du Figaro, dont un sondage express, tenu hier, donnait ce résultat sans appel :

En attendant, à son tout petit niveau, voici une suggestion de la Breaking (RE)NEWS pour tenter de dépasser la démagogie et le climat politique actuel en étant productif et concret : pourquoi, depuis les décennies que la question des pesticides est posée, ne pas tenter de rassembler les parties prenantes et de lancer un consortium pour identifier de nouvelles techniques qui pourraient être acceptée de tous ? Le consortium, comme le rappelle Géraldine Poivert dans son dernier article est le joker, l’atout maître de la transition. Il serait dommage de ne pas l’utiliser assez…

Puisque l’on parle d’agriculture et de pesticides -notez l’habile transition vers nos rubriques hebdomadaires-, la tribune de la semaine est celle de 40 responsables de mutuelles de santé, qui poussent un cri d’alarme dont il semble qu’il n’ait pas été parfaitement entendu par le gouvernement Attal. « Pesticides : tirons du drame de l’amiante des leçons pour l’avenir », clamaient-ils… deux jours avant la mise sur pause du plan Ecophyto ! Selon ce collectif, « le parallélisme dans les faits qui ont conduit hier au drame de l’amiante et aujourd’hui à celui des pesticides nous pousse à nous mobiliser et à alerter la population comme les décideurs. Il est temps d’agir : la responsabilité des pesticides dans l’effondrement de 70 % de la quantité des spermatozoïdes humains et dans la disparition de 80 % des populations d’insectes volants est aujourd’hui établie. Nous savons ainsi qu’il n’y a pas la santé des humains d’un côté et la santé de la biodiversité de l’autre. Nos destins sont liés ». De plus, ajoutent-ils, « il est aussi démontré par l’arrêt de la Cour de justice de l’UE de 2019 que les pesticides vendus aujourd’hui ne respectent pas la loi. Tels qu’ils sont commercialisés, ils ne sont jamais testés correctement sur la santé. Les industriels évaluent – à tort – uniquement les molécules isolées, mais jamais mélangées, comme cela devrait être le cas. » Encore une fois, on ne pourra pas dire que l’on « ne savait pas » …

Le chiffre de la semaine ne nous éloigne guère, hélas, du sujet : 63%. Dans un rapport explosif, l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED) révèle que 63 % des habitants de la planète vivent dans des régions où la fécondité n’atteint plus le seuil de renouvellement des générations contre 45 % il y a vingt ans, ce qui traduit une baisse spectaculaire de la fécondité dans le monde. En cause : de nombreux facteurs mais notamment un, la « crise des spermatozoïdes » souvent évoquée dans la Breaking (RE)NEWS. Moins nombreux, moins vivaces, ils sont moins efficaces et ce mouvement s’amplifie sans discontinuer depuis plus de 50 ans. Parmi les causes identifiées : les… pesticides. Réarmement démographique de la France et pause du plan Ecophyto ne sont pas forcément compatibles, à terme 😉

Le scandale de la semaine qui aurait dû être pire est celui des eaux dites « minérales » en bouteille. Pendant des années, des eaux vendues comme « de source » ou « minérales naturelles » ont subi des techniques de purification interdites. Selon une enquête conjointe du Monde et de Radio France, un tiers au moins des marques françaises sont concernées, dont celles de Nestlé, qui a reconnu ces pratiques, ayant de son propre aveu « un peu perdu de vue la réglementation ». Comme c’est bien dit. Informé depuis 2021, le gouvernement a décidé, plutôt que de sévir, d’assouplir la réglementation, dans la plus grande discrétion, jusqu’à aujourd’hui… De son côté, L’Usine Nouvelle précise que le groupe suisse Nestlé Waters, probablement au courant des révélations à venir du Monde et de Radio France, a pris les devants et reconnu ses torts ; justifiant l’emploi de filtres à charbon actif et d’un traitement aux ultraviolets par la nécessité de « surmonter l’impact du dérèglement climatique et la montée du stress hydrique qui affectaient en partie la minéralité de ses eaux ». Contacté par L’Usine Nouvelle, le numéro 1 de l’eau en bouteille en France confirme qu’il doit « adapter son activité, ses pratiques et ses sites aux évolutions de l’environnement autour de ses sources, qui peuvent parfois rendre difficile le maintien de la stabilité des caractéristiques essentielles d’une eau minérale naturelle, requise par le cadre réglementaire ». Il reconnaît avoir pris des mesures de protection « qui n’étaient pas en ligne avec le cadre réglementaire ou son interprétation en France » sans préciser pendant combien de temps, car il ne connaîtrait pas « l’historique exact ». Nestlé Waters avait informé le gouvernement de ses pratiques illégales dès 2021. Il l’a même convaincu de modifier le cadre réglementaire qui interdit aux industriels la microfiltration inférieure à 0,8 micron, comme l’atteste le compte rendu d’une rencontre interministérielle organisée en février 2023 consulté par Le Monde et Radio France. Une façon pour lui de continuer de traiter ses eaux minérales – en abandonnant toutefois les traitements ultraviolets et les filtres au charbon actif – sans qu’elles ne perdent leur appellation d’eaux minérales naturelles. Sinon, il y a l’eau du robinet, moins chère… Tant pis pour les irréductibles de la bouteille en plastique, on sait qu’il en existe encore quelques-uns, même chez (RE)SET !

Le monstre anti-développement durable de la semaine est un bateau. Pas n’importe lequel : le plus grand navire du monde ! 365 mètres de long, 40 restaurants, sept piscines… « Icon of the Seas », le plus grand navire du monde, a largué les amarres. Mais rassurez-vous : il est propulsé par un moteur fonctionnant au gaz naturel liquéfié, un combustible fossile que l’industrie présente comme une alternative plus propre au fioul lourd. Plus propre, peut-être, mais fossile quand même et grand émetteur de méthane, puissant gaz à effet de serre, rappelle Le Monde. Son armateur, d’évidence très sensible aux questions environnementales, a tout de même prévu un tri des déchets organiques pour ses 5 610 passagers et 2 350 membres d’équipage…

Le « pendant ce temps-là » de la semaine nous maintient sur les flots. La température des Océans n’en finit plus de battre ses records historiques, mois après mois depuis plus d’un an

Le graphique est assez parlant pour ne pas nécessiter d’en ajouter beaucoup plus, sinon ce rappel de Julie Deshayes, climatologue au Laboratoire d’océanographie et du climat : « Nous avons subi une année exceptionnelle, à cause des effets directs du changement climatique et de la variabilité naturelle avec le phénomène El Niño (…) Elle est en fait extraordinaire par rapport au passé et normale par rapport à l’avenir qui nous attend à cause des émissions de gaz à effet de serre. Et c’est maintenant qu’il faut tout faire pour limiter les émissions, si on veut avoir une chance que les années futures restent à ce niveau-là. »  On en profite pour rappeler que si cette moyenne cache des différences notables d’un océan à l’autre, du point de vue des poissons, il n’y a qu’une seule mer, comme le rappelle le géographe Maxime Blondeau sur son blogue 😊. La preuve en image :

L’indice de durabilité dans l’impasse de la semaine est celui des smartphones en France, qui va probablement disparaître avant même d’être né. Le ministère de l’Ecologie prévoyait d’instaurer en 2024 un nouvel indice, accessible au consommateur, évaluant la tenue dans le temps des télévisions, des smartphones et des lave-linges. Sanctionné par une note sur dix, il permettait d’aller plus loin que l’actuel indice de réparabilité en agrégeant à ce dernier de nouveaux éléments, comme la résistance aux chutes et aux noyades pour les smartphones. Mais les plans du ministère ont été contrariés par la publication, le 27 octobre, d’un avis circonstancié défavorable de la Commission européenne, contraignant l’exécutif à mettre le projet en pause. En cause : un problème de concurrence entre le projet de loi français et un texte européen qui s’appliquera bientôt. Dans son avis, la Commission rappelle ainsi qu’un indice de durabilité européen est déjà prévu pour la mi-2025 pour les smartphones. « L’indice français n’aurait probablement été appliqué que quelques mois », jauge ainsi la Commission, interrogée par Le Monde. Ephémère, son existence aurait « créé des charges additionnelles pour les opérateurs économiques et ajouté de la confusion parmi les consommateurs », estime-t-elle, puisque ces deux indices diffèrent en plusieurs points. Impossible pour la France d’enrichir le modèle européen avec ses propres critères additionnels, explique par ailleurs la Commission : « Une telle approche mènerait à une multiplicité d’indices en fonction des Etats membres », argue-t-elle, assurant qu’il y a « des bénéfices clairs à appliquer des règles harmonisées (…) pour améliorer la soutenabilité des produits ». Dans son avis circonstancié, l’Union européenne (UE) rappelle qu’une procédure pourrait être ouverte contre la France au cas où sa législation ne serait pas harmonisée avec celle de l’Europe, débouchant sur de possibles sanctions financières. De toutes façons, serait-on tenté d’ajouter, l’heure n’est plus trop, à Paris, à la « surtransposition » des règles européennes… Ce n’est pas la première fois que les futures réglementations françaises viennent en contradiction avec les futures réglementations européennes et doivent donc, in fine, être modifiées. Ce ne serait pas grave si cela ne donnait des migraines aux metteurs en marché !

Le vote de la semaine aura lieu après-demain (!) à Paris et il concerne les SUV, bête noire des militants écologistes et de la Maire de Paris.  Dans un minutage parfait, le patron de l’Agence Internationale de l’Energie s’exprime dans Les Echos et y appelle précisément à légiférer contre ces véhicules qui aujourd’hui représentent 50% des ventes de voitures neuves en Europe. Il s’en est vendu 40 millions dans le monde en 2023 et ils émettent en moyenne 20% de Co2 de plus que les berlines, essentiellement du fait de leur poids et d’un design peu aérodynamique qui aggrave leur consommation d’essence. Ils représentent la cinquième source mondiale de CO2, avec un milliard de tonnes de gaz à effet de serre relâchés dans l’atmosphère chaque année, soit plus que l’ensemble des émissions du Japon, souligne l’AIE. Et vous, qu’allez-vous voter dimanche ?!

Le motif d’espoir de la semaine -qui en compte peu, il y a des semaines comme cela 😉- peut-être trouvé dans la mobilisation d’un nouveau réseau d’entreprises. Novethic, parmi d‘autres, en fait la présentation. « Business for a Better Tomorrow » rassemble 15 réseaux d’entreprises européennes (parmi lesquels le Mouvement Impact France, la Communauté des Entreprises à Mission) et souhaite ainsi contribuer à l’émergence d’une économie plus durable et plus juste en Europe. En affichant son soutien aux mesures déjà actées dans le Green Deal, la coalition montre qu’elle se différencie d’une partie du patronat européen, dont le MEDEF qui fait actuellement pression pour limiter les ambitions du Green Deal et de la politique de transformation durable de l’Europe. Business for a Better Tomorrow plaide à l’inverse pour un renforcement des mécanismes de régulation liés à la transition écologique : renforcement de la taxe carbone, TVA verte, normes pour lutter contre le greenwashing, renforcement de la taxonomie, sortie des énergies fossiles… Ces 15 réseaux d’entreprises représentant déjà près de 100 000 entreprises parmi lesquelles la Maif, Ecosia, Enercoop, Citeo ou encore la Camif. Avant les élections européennes, c’est un signe qu’une partie des entreprises européennes souhaitent se mobiliser et porter un discours cohérent pour soutenir un changement de paradigme. Ouf, enfin un signe de ce genre 😊.

En cherchant bien, on a trouvé un autre motif d’espoir de la semaine, dans le discours de politique générale du Premier Ministre, précisé le lendemain par Christophe Béchu. Le ministre, cité par l’Usine Nouvelle, a donné des détails sur les contours de l’initiative plastique : « Nous allons travailler avec les 50 industriels les plus dépendants des matières plastiques dans une démarche de réduction des usages, en développant l’éco-conception et la substitution des plastiques vierges. Il s’agira d’industriels de l’emballage mais également du secteur du bâtiment, de l’automobile… » Pour Christophe Béchu, « l’idée est de réduire la dépendance aux plastiques vierges soit en substituant les plastiques par d’autres matières soit en incorporant des plastiques recyclés dans des proportions significatives ». Les industriels de l’agroalimentaire comme Nestlé ou Danone devraient être concernés, de même que la sous-traitance automobile ou encore la filière du PVC dans le bâtiment. « Un travail de coordination avec les fédérations professionnelles va être mené pour identifier les 50 sites concernés », précise-t-on dans l’entourage du ministre de la Transition écologique. Chez (RE)SET, qui connaît un peu ces questions-là, on se réjouit 😉

La devinette de la semaine dernière s’adressait aux amoureux de la langue française : que signifie ce mot, « parangonnage », que l’on trouve dans un nombre croissant de documents officiels ? L’indice était que la réponse se trouve dans la volonté de lutter contre les anglicismes. On espère que vous n’avez pas fait de « burnout » en multipliant les « brainstorming » pour « adresser » cette devinette ! Le parangonnage est le bon mot français pour éviter de parler de « benchmarking ». On espère que le parangonnage des « newsletters » place la « Breaking (RE)VIEW » parmi les « leaders » ! La devinette de cette semaine est une citation récente, dont il s’agit de retrouver l’auteur. Qui a écrit il y a quelques jours : « Les pôles sont surchauffés. L’océan est en colère à l’ère de l’ébullition généralisée, malade du plastique, gavé de CO2 et de la chaleur accumulée dans l’atmosphère par l’effet de serre, rongé comme ses coraux par l’acidification. La grande vague, éruptive, n’attend qu’un signe pour déferler. Et nous continuons, enfants capricieux, à sautiller joyeusement sur la fine couche de glace qui cédera bientôt sous le poids de notre coupable insouciance ! » Un indice : il sait écrire, mais cela, vous l’aviez déjà constaté 😉.

[Pour rappel, (RE)SET, fondé en 2019, est le premier cabinet de conseil indépendant dédié à la transition économique et environnementale et taillé pour l’action. « (RE)SET : resources to win environmental and economic battles ! » Forcément partielle, parfois partiale, toujours engagée, cette revue des médias au ton souvent enlevé, voire impertinent, n’engage aucunement (RE)SET dans ses activités de conseil mais elle brosse un portrait que nous estimons intéressant de l’état de la transition telle qu’elle transparaît dans la presse et les travaux de recherche. Une photographie du débat, des forces en présence, des oppositions, des convergences, que nous espérons utile à vos décisions et à la construction de vos stratégies de transition.]