BREAKING (RE)NEWS DU 22 DECEMBRE 2023 : LEGER COMME L’HYDROGENE BLANC

Dans les conditions normales de températures et de pression, l’hydrogène est un gaz incolore et inodore, plus léger que l’air. Débutons donc par lui et cette excellente nouvelle : la France détient un trésor caché dans son sous-sol. Plus précisément en Moselle, à Folschviller. Libération a enquêté sur cette découverte d’un méga gisement potentiel de 46 millions de tonnes d’« hydrogène blanc ». Soit plus de la moitié de la production annuelle mondiale d’hydrogène industriel ! L’hydrogène à l’état naturel est un rêve éveillé pour tout amateur d’énergie décarbonée. Au contraire de l’hydrogène « gris » actuel (obtenu par « craquage » des hydrocarbures en aval des raffineries), ou de l’hydrogène « vert » et « jaune » (que l’on peut produire par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable ou nucléaire), l’hydrogène « blanc » est une énergie « primaire », pour ainsi dire « prête à l’emploi ». Une voiture équipée d’une pile à combustible peut rouler 650 km avec un plein en ne rejetant que de la vapeur d’eau en guise de gaz d’échappement. Mais contrairement aux véhicules électriques classiques, ces véhicules ne sont encore commercialisés qu’au compte-gouttes par une poignée de constructeurs japonais ou coréens. Et pour cause, les stations à hydrogène sont rares : la France n’en compte pour l’heure qu’une petite cinquantaine… C’est la poule et l’œuf : pas de marché grand public, pas de réseau de distribution. Mais avec ce qui serait le plus grand gisement au monde de ce gaz à fort potentiel énergétique décarboné, on peut faire mentir le vieux slogan du choc pétrolier : désormais en France, on a de l’hydrogène en quantité et, on l’espère, des idées pour en faire le carburant de la révolution verte tant attendue. Libération rappelle que l’on doit cette mirifique découverte à deux scientifiques, qui reconnaissent « un coup de bol », précisant que « ce n’était pas ce que l’on cherchait, [qui était] le potentiel de ressources en méthane ». Bon, il y a quand même un ou deux hics, rappelle Libération : il faut aller le chercher et cet énorme réservoir d’hydrogène « n’a pas les caractéristiques d’un gisement de gaz ou de pétrole. Ici, l’hydrogène est dissous dans l’eau […]. Il nous faut inventer de nouveaux systèmes pour l’exploiter ». Des études vont être menées jusqu’en 2027. La nouvelle n’a pas échappé à Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a annoncé dans la foulée « des financements massifs pour explorer l’hydrogène blanc » : pour lui, « la France peut devenir l’un des pays pionniers dans cette énergie du futur ». Mais avant que la France ne devienne l’Arabie Saoudite de l’hydrogène, il faudra, rappelle Libération, une volonté politique comparable à celle qui, en plein choc pétrolier, avait donné naissance au programme nucléaire français. Avec des dizaines et des dizaines de milliards d’investissements à la clé. Il faudra aussi que les industriels jouent le jeu.  Mais pour une fois qu’on a un trésor sous nos pieds, pourquoi s’en priver ? Une sorte de cadeau de Noël avant l’heure 😊

Débutons nos rubriques hebdomadaires, dans la légèreté toujours, avec la bande dessinée de la semaine, qui est résolument circulaire…ou pas ? Dans un exercice pédagogique méritoire, cet ouvrage, consultable dans une forme abrégée et en français ici, décrit les paradoxes et difficulté de la circularité en économie et, notamment, pourquoi rendre l’économie circulaire exige, dans un premier temps, beaucoup d’énergie et de matière… Sujet que l’on maîtrise un peu, chez (RE)SET 😉

Le sport pas écolo de la semaine, mais qui se soigne, est l’escalade en salle ! 25 000 prises d’escalade en polyuréthane et béton de résine polyester, donc non recyclables, sont produites chaque jour en Europe et déployées dans les salles d’escalade. Et il n’y a aucune action à ce jour pour les collecter de façon globale. Fort de ce constat, Benoît Jacquot-Bertrand, responsable industriel et cofondateur de Ghold explique à L’Usine Nouvelle qu’il a trouvé la solution pour éviter ces prises en thermodurcissables, dont la production est en partie délocalisée en Europe de l’Est : Ghold développe ses propres modèles de prises monomatière en TPU recyclables et a instauré un système de consigne. Autant l’avouer tout net : chez (RE)SET on est très soulagés car nombre de nos consultant(e)s sont fans d’escalade en salle !

Les entrepreneurs de la semaine ont été sélectionnées par le magazine Capital, qui nous présente « les dix qui font bouger les lignes de l’économie ». Dirigeants, responsable RSE, créatrices et créateurs de start-up, voici des personnalités qui se retroussent les manches et innovent pour engager leur entreprise dans la transition écologique et la responsabilité sociale. Résultat du tout premier palmarès #NewDeal/Capital : Bel, Nexans, Axa Climate et d’autres, dont les dirigeants de la startup « Ma Petite Maison Verte », qui propose ces charmantes demeures en carton recyclable (sept fois !) :

La blague de la semaine qui n’en est pas une, c’est BlackRock, ce repère bien connu de hippies écolos-gauchistes 😉 – et numéro un mondial de la gestion d’actifs -, qui est attaqué en justice par l’Etat du Tennessee car son militantisme pro-climat met en péril la concurrence et l’intérêt du consommateur de produits financiers. Si, c’est vrai et ce sont Les Echos qui le racontent. Les Républicains sont en première ligne dans cette croisade dite « anti-wok » (!) dont on peut espérer qu’elle se calme après les prochaines élections présidentielles… ou non, tout dépend qui les gagnera ! (RE)SET s’est déjà exprimé publiquement sur ce sujet « concurrence et transition », plus stratégique qu’il y paraît.

Le consensus politique de la semaine qui fait plaisir (d’autant qu’ils sont rares en ce moment, les consensus politiques), c’est la prise de conscience du fait que tenir la prochaine COP, 29e du nom, à Bakou, capitale de la dictature pétro-gazière d’Azerbaïdjan n’est peut-être pas une super-idée, finalement. Cela dit, faire changer d’avis plus de 190 pays pour les mettre d’accord sur une autre destination ne va pas être chose aisée…

La jungle de la semaine est celle des logos du textile, qui emplissent de perplexité certains fabricants et nombre de consommateurs. Les Echos reviennent sur ce sujet et le disent mieux que nous. Ils ont pour noms Oeko-Tex, GOTS (« global organic textile standard »), Origine France garantie ou Ecocert… Les labels se multiplient dans la filière textile, illustration d’un phénomène qui touche tous les produits du quotidien. Un millefeuille, alors que ces appellations visent, en théorie, à « éclairer le consommateur », selon la formule de l’union des industries du secteur. « Tous ne se valent pas », tranche Emily Spiesser, référente sur la consommation plus responsable à l’Ademe, l’agence nationale de la transition écologique. « Tous n’analysent pas forcément le cycle de vie complet du produit » et « tous n’ont pas une approche multi-impact », dit-elle. Cette jungle est d’autant plus touffue que ces labels n’ont pas le même cahier des charges, les mêmes objectifs ou les mêmes garanties. Les uns font référence à des zones géographiques ; d’autres, à des process. Certains sont certifiés par des organismes tiers mais des entreprises se labellisent parfois elles-mêmes. Brouillant davantage le paysage, des appellations ne reposent que sur du déclaratif… Depuis le début de l’année, la loi anti-gaspillage (dite loi Agec), contraint pourtant les produits textiles à plus de transparence en matière de traçabilité et à détailler les trois dernières étapes de fabrication, car avant la confection il y a aussi la filature, le tricotage et l’ennoblissement. Elle ne concerne pour l’instant que les entreprises réalisant au moins 50 millions d’euros de chiffre d’affaires qui mettent 25.000 produits sur le marché français. En 2024, la barre tombera à 20 millions d’euros et 10.000 produits.

Les Echos encore, parfois taquins, ont aussi réalisé l’enquête de la semaine en testant la réalité de la réparabilité « labellisée » des produits électroniques. Réparateur disparu, réparateur labellisé qui l’ignorait, réparateur pas labellisé sur la liste des labellisés, réparateur de produits électroniques sauf des principaux produits électroniques, produits électroniques pas réparables (merci Apple 😉), la liste est longue des mésaventures du journaliste qui voulait faire réparer la carte mère de son ordinateur avec la prime de l’Etat. N’empêche, même imparfait, le système existe et continuera de s’améliorer. 

La condamnation de la semaine concerne Monsanto. Quoi, vous avez dit « encore » ? Certaines entreprises ont des budgets « frais de justice » plus étoffés que d’autres… Le géant américain de l’agrochimie, filiale du géant allemand Bayer, a été condamné lundi à verser 857 millions de dollars (783 millions d’euros) de dommages et intérêts à des bénévoles d’une école de l’Etat de Washington, dans le nord-ouest américain, exposés à des produits chimiques dangereux. Ces cinq anciens étudiants et deux ex-parents d’élèves avaient saisi la justice, affirmant que leur exposition à des PCB (polychlorobiphényles) contenus dans les éclairages leur avait causé des problèmes de santé. Ce produit chimique d’industrie, à la fois très toxique, polluant et persistant, est interdit en France depuis 1987. La justice leur a donné raison. Par ailleurs, le groupe d’agrochimie fait face à d’autres actions en justice liées aux effets du PCB. Et a déjà déboursé 820 millions de dollars pour des contentieux juridiques liés à ce polluant éternel…

La faible consommation énergétique de la semaine est évidemment celle des guirlandes de Noël ! Nice-Matin nous dit tout sur ce sujet de circonstance. Pour faire court : allez-y sans crainte, faites plaisirs à vos (éventuels) enfants, vos guirlandes consomment peu, très peu. Bon, éteignez les la nuit quand même, surtout si vous voulez éviter de mettre le feu à votre intérieur.

La devinette de la semaine dernière vous interrogeait sur la biodiversité animale et son premier prédateur (en dehors de l’humain, bien entendu, champion hors catégorie). L’indice était que la réponse ne réjouirait pas les inconditionnels d’Instagram… Le chat domestique, puisque c’est de lui qu’il s’agit, réussit cette prouesse d’être à fois la vedette incontestée de ce réseau social – pour ceux qui partagent cette addiction, on ne peut que recommander cette liste des influenceurs chats, suivis par des milliers de … chats ? – et un super-prédateur ! En chassant des oiseaux, de petits mammifères, des insectes ou encore des reptiles, les chats menacent de disparition une trentaine d’espèces protégées, rapporte une étude publiée dans la revue Nature Communications début décembre. Selon la revue scientifique, plus de 2 000 espèces d’animaux seraient consommées par les chats, « dont 16,6 % sont préoccupantes en matière de biodiversité ». Pour ne pas laisser croire que l’on aurait « une dent » contre les chats auxquels on préfèrerait les chiens, sachez que ces derniers sont, eux, néfastes pour le climat. Surtout les gros, qui mangent de la viande, puisque celle-ci provient d’élevages dont on sait le potentiel d’émissions de gaz à effet de serre ! Bref, comme dit François Gemenne, membre du GIEC, « le chat est une catastrophe pour la biodiversité, le chien est une catastrophe pour le climat » ! Moralité : si vous vous sentez seul(e), investissez plutôt dans un aquarium ou mieux, un perroquet – en plus, il vous répondra !

La devinette de cette semaine s’impose, calendrier oblige ! De quelle couleur est le Père Noël ? Parce que chez (RE)SET on n’hésite jamais à vous aider à briller en société, on vous donne d’entrée la réponse, pour discuter autour du sapin : non, le Père Noël n’est pas tout de rouge vêtu, contrairement à une légende urbaine tenace. Il est historiquement absolument vert et on en trouve trace, sous ses appellations antérieures (Père du Temps, Roi du Givre, Roi de l’Hiver, …) aux Vème et VIème siècles, ainsi qu’il est raconté ici . La preuve en image :