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BREAKING (RE)NEWS DU 26 JANVIER 2024 : QUI MARCHE SUR LA TETE DE QUI?

Alors qu’au moment où ces lignes sont écrites, un blocus menace Paris, encerclé de tracteurs et autres engins, il serait curieux de ne pas s’appesantir un peu sur les injonctions contradictoires qui paralysent le secteur agricole en France. Cela fait maintenant des décennies que l’on tente sans succès de faire rimer transition économique et environnementale avec agriculture. Le monde agricole, qui souffre des effets du réchauffement climatique et des déséquilibres environnementaux, en est en même temps en partie responsable. On lui demande de produire plus responsable et durable, ce qui suppose moins de produits phytosanitaires polluants, mais moins cher, ce qui n’est pas compatible. On rêve d’acheter « local » et de privilégier les circuits courts mais on se précipite pour acheter des produits importés, dont les prix sont souvent inférieurs. On explique qu’il faut manger moins de viande mais les éleveurs sont déjà les agriculteurs les plus pauvres. On dénonce la mainmise de la grande distribution sur les agriculteurs (6 entreprises concentrent 80 à 90% des achats alimentaires des Français), et le rôle du secteur agroalimentaire mais on plébiscite les produits préparés.

Pour reprendre le slogan des agriculteurs, on marche peut-être bien sur la tête ? Mais qui marche sur la tête de qui, s’interroge Philosophie Magazine (vous constaterez que la Breaking (RE)NEWS élargit ses sources !), qui note : « Le mouvement de protestation des agriculteurs a commencé dans le Tarn avec un slogan : “On marche sur la tête” (…). J’aime beaucoup ce slogan, il devrait être planétaire. Et de poursuivre : « J’aime le slogan mais moins la FNSEA. Elle est dirigée par un Rousseau qui n’est pas Jean-Jacques mais Arnaud, céréalier et président d’Avril Gestion, 4e groupe agroalimentaire français : c’est un peu comme élire Carlos Ghosn à la tête de la CGT chez Renault. »

Posé sur de mauvaises bases, le dialogue s’avère impossible entre d’un côté les tenants de l’agriculture durable et de l’autre ceux de l’agriculture intensive, représentés avec force par la FNSEA. En vérité, tous les experts sérieux le savent, la seule solution consiste à revaloriser les produits agricoles et la part de leur commerce qui revient aux paysans, surtout s’ils sont petits et s’engagent dans une production durable. Ce qui implique une inflation dans le secteur alimentaire, dont peu de gouvernements veulent, compte tenu de ses conséquences sociales… Cela passe aussi par une réforme des mécanismes du commerce international des produits agricoles et alimentaires, avec des clauses miroirs empêchant de favoriser l’importation de produits n’ayant pas les mêmes contraintes environnementales, ce dont nombre d’Etats ne veulent pas.

En attendant, chacun se renvoie la balle, avec plus ou moins d’arrière-pensées politiques. Entre ceux qui dénoncent la Politique Agricole Commune (PAC) et ceux qui préfèrent dénigrer le Pacte Vert (européen). Selon le Ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, les événements actuels sont « un signal pour l’UE », reprend Le Figaro, dénonçant « trop de paperasserie, trop de contraintes ». A l’inverse, les écologistes dénoncent la PAC, coupable d’immobilisme et encensent le Pacte, force de changement.

Le « timing » ne pouvait pas être plus parfait pour la publication du rapport du Haut Conseil pour le climat, qui pointe les obstacles à la décarbonation de l’agriculture. Victime du changement climatique, l’agriculture française ne réduit pas assez son impact sur celui-ci, assène le rapport du Haut Conseil publié hier. En cause : des « freins et verrous » qui ralentissent la décarbonation de notre régime alimentaire. Il faut lire ce rapport, publié dans son intégralité ici. Il ne va pas vraiment dans le sens de la politique actuelle. Les troubles des derniers jours ont au moins cette conséquence positive : nous donner à tous le temps de lire ce rapport !

Puisque l’on parle d’agriculture -notez l’habile transition vers nos rubriques hebdomadaires-, la guerre de la semaine est celle du glyphosate et elle dure depuis 10 ans et les premières études apparemment contradictoires sur les effets de cet herbicide majeur sur la santé et l’environnement. Dernier rebondissement, révélé par Le Monde : plus de 80 ONGs s’apprêtent à saisir la justice contre la ré autorisation par la Commission Européenne du glyphosate dans l’UE, le 16 novembre dernier. Deux procédures distinctes ont été lancées hier pour contester la décision de la Commission et devraient aboutir, dans les prochains mois, à une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJE). Les intéressés contestent la légalité de l’autorisation accordée à l’herbicide controversé. Ils estiment que l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux, menée par les autorités réglementaires, déroge au droit de l’Union. La veille du dépôt de ces deux recours, le journal en ligne Politico déposait une troisième pierre dans le jardin de la Commission, en révélant un mémo confidentiel sur le sujet, produit en 2022 par le service juridique du Parlement de Strasbourg. Celui-ci analyse un arrêt de 2019 (dit « arrêt Blaise ») de la Cour de justice de l’Union européenne selon lequel les formulations commerciales de produits phytosanitaires doivent faire l’objet d’études évaluant les risques d’une exposition à long terme avant mise sur le marché. Or, à l’heure actuelle, dans le cas du glyphosate (mais aussi de la majorité des pesticides), de telles études n’ont pas été menées. Les seuls tests de ce type (pour évaluer le risque cancérogène sur l’animal, par exemple) portent sur les molécules actives – en l’occurrence le glyphosate seul, sans les mélanges de co-formulants destinés à en accroître l’efficacité. Selon la note publiée par Politico, la Commission ne semble pas avoir respecté la réglementation européenne sur le sujet telle qu’interprétée par la CJE.

La question de la semaine concerne les déchets alimentaires. Elle nous est judicieusement posée par The Conversation et c’est l’ADEME qui y répond : à quoi va servir le nouveau tri à la source ? Pour rappel, le 1er janvier 2024 est entrée en vigueur l’obligation, pour toutes les collectivités, de proposer à leurs habitants une solution de tri à la source et de valorisation de leurs biodéchets : autrement dit, de l’ensemble de leurs déchets alimentaires et déchets verts. En France, les biodéchets représentaient, en 2017, 83kg par habitant et par an, correspondant à 1/3 de nos ordures ménagères. L’enjeu actuel pour les collectivités porte surtout sur les déchets alimentaires, produits par toute la population ; les déchets verts étant dans la majorité des cas traités sur place ou grâce à des solutions déjà existantes. Si elle exige pour les consommateurs et les collectivités de s’y adapter, cette nouvelle étape dans le tri des déchets est indispensable d’un point de vue énergétique et environnemental, puisqu’elle va d’une part éviter une incinération et un enfouissement qui n’avaient pas lieu d’être, et d’autre part générer des bénéfices environnementaux pour la production d’énergie et l’agriculture : ces biodéchets auront en effet deux destinations principales, les amendements organiques et le biométhane.

L’autre rapport de la semaine a été rédigé par la Cour des Comptes Européennes et s’attaque au moteur thermique, qui semble relever la tête, notamment en Allemagne, rapporte Le Monde. « La révolution verte n’aura pas lieu en Europe tant que le moteur thermique régnera en maître », alerte la Cour, qui a identifié trois freins : les émissions réelles de CO2 des voitures sont encore sous-estimées, celles des voitures thermiques (essence et diesel) n’ont pas baissé et les ventes des véhicules électriques ne décollent pas assez vite. La Cour note que l’amélioration des technologies de motorisation a été « neutralisée » par l’augmentation du poids des véhicules (+ 10 %) et de la puissance des moteurs (+ 25 %). Une étude publiée le 22 janvier par l’organisation Transport & Environment révèle que les voitures neuves s’élargissent en moyenne d’un centimètre tous les deux ans : la largeur moyenne est passée de 177,8 cm en 2018 à 180,3 cm au premier semestre 2023. Il en va de même pour les véhicules hybrides rechargeables qui combinent motorisation thermique et électrique et sont considérés par le législateur comme des véhicules à faibles émissions. Leurs émissions de CO2 sur route sont « beaucoup plus élevées que prévu », indique le rapport. Plusieurs études publiées en 2022, notamment par l’International Council on Clean Transportation (l’organisme à l’origine de la révélation du dieselgate), ont mis en évidence des émissions trois à cinq fois supérieures à celles mesurées en laboratoire. Bref, sans un vrai changement de trajectoire, estiment les auteurs du rapport, l’UE n’a « aucune chance » d’atteindre ses objectifs ambitieux de réduction des émissions de dioxyde de carbone.

La liste à la Prévert de la semaine date d’il y a un mois (!) et concerne les nouveautés de la transition mises en place depuis le 1er janvier telles que rappelées par le Ministère de la Transition sur son site. Du bonus réparation renforcé à la reprise gratuite des pneus usagés sans obligation d’achat en passant par l’obligation de reprise des déchets du bâtiment pour les particuliers et les artisans, la généralisation du tri à la source des biodéchets ou l’interdiction de la destruction des invendus alimentaires, sans parler de la fin de l’écoulement des stocks pour les emballages de fruits et légumes, de l’obligation d’ombrager les parkings, de l’interdiction des véhicules Crit’Air 4 dans certaines grandes villes, pour ne citer que quelques exemples, il ne s’agit que de la mise en œuvre de textes déjà votés, parfois de longue date et ayant fait le plus souvent l’objet d’années de sensibilisation, d’écoute des parties prenantes et autres négociations. Ce qui nous renvoie à la déclaration du Président lors de sa conférence de presse de la semaine dernière : en 2024, ne pas attendre de nouvelles décisions « historiques » mais bien plutôt mettre en œuvre ce qui a déjà été décidé. C’est moins sexy mais plus utile, rappelle en substance Géraldine Poivert sur LinkedIn : « La mise en œuvre de la transition, ce n’est pas « l’intendance suivra », c’est très compliqué. Ce n’est pas effervescent, il faut y travailler pour la rendre possible. C’est l’angle mort de la transition écologique, le nez dans le capot, loin des beaux discours. Chez (RE)SET, c’est ce qu’on aime faire. Il faut s’y mettre ! »

La lettre de mission de la semaine est celle signée par Elisabeth Borne avant son départ. Elle concerne la gouvernance des éco-organismes. Juste avant son départ de Matignon, Élisabeth Borne a confié à trois services de l’État une mission d’évaluation du fonctionnement des sociétés agréées comme Citeo et Léko. Rendez-vous dans trois mois, sachant que le nouvel agrément court pour un an en 2024 au lieu des six habituels. L’Usine Nouvelle en parle, précisant que l’on discerne en ligne de mire la création éventuelle d’une instance de contrôle. Trois enjeux servent de grille de lecture : la performance économique, la performance environnementale et la concurrence. Autre article intéressant dans l’Usine Nouvelle, celui consacré à la note d’analyse par France stratégie des emballages ménagers. Les grandes lignes tracées ne surprennent pas les experts : la réduction des plastiques à usage unique ne peut se faire sans le développement de solutions innovantes à base de cellulose ; la priorité donnée à la décarbonation limite la généralisation du verre en raison des contraintes de poids et ouvre de nouvelles perspectives à des plastiques légers ; l’essor du réemploi – « un changement de paradigme à considérer sérieusement » – et du vrac – « un levier dynamique, mais au potentiel concentré sur certains segments » – avec ou sans consigne est lié à l’acceptation des consommateurs ; la mise en place d’une consigne pour recyclage entraîne une modification des flux installés.

Le chiffre de la semaine nous est donné par une étude publiée cette semaine dans Scientific Reports : 827 milliards d’euros. C’est le coût anticipé pour la seule élévation du niveau de la mer dans l’UE d’ici à 2100, « toutes choses égales par ailleurs », comme disent les économistes. Et la France ne serait pas épargnée, comme le montre cette illustration des impacts sur le PIB des régions : de Nantes à Biarritz, par exemple, la note est salée : jusqu’à – 10% !

Le plan de la semaine sera officiellement présenté dans six mois et pourrait, on l’espère, donner tort aux sinistres prévisions ci-dessus. Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a lancé mardi à Paris une « grande conversation » sur le thème de l’adaptation. Le « vrai » plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) est, lui, attendu pour cet été. Une cinquantaine de mesures devrait le composer, décrit Libération. Le but : déclencher toute une série de transformations en profondeur pour parer les divers effets du changement climatique. La « boussole » du ministre : préparer la France à s’adapter à un réchauffement de 4 °C à l’horizon 2100 en métropole (aujourd’hui, la température a déjà atteint les +1,7 °C). Ce qui correspond, à l’échelle mondiale, à une hausse du thermomètre de 3 °C à la fin du siècle – le double des Accords de Paris, une trajectoire vers laquelle la planète se dirige. Le plan, qui fera l’objet d’un « séminaire gouvernemental » fin février pour « arbitrer sur les grandes lignes », sera ainsi calqué sur cette trajectoire d’une France à +4 degrés. Un scénario courageusement mis sur la table depuis un an par le ministre afin de « sortir du déni » et de « sonner la mobilisation générale » des politiques d’adaptation, complémentaires et tout aussi essentielles que les stratégies d’atténuation dédiées à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le produit de la semaine pourrait trouver une (petite) place dans les scénarios d’adaptation : les « toilettes lavantes », aussi appelées « toilettes japonaises », ce qui n’est pas juste car elles ont été inventées en Suisse, seraient promises à un bel avenir, selon Libération qui nous livre un reportage « sur le terrain » assez cocasse mais sérieux. D’où il ressort que, moyennant une phase assez périlleuse d’installation puis de prise en main, l’idée est bonne : le jet d’eau nettoyant prévu pour la grosse commission représente 0,6 litre d’eau par actionnement contre 287 litres pour la fabrication d’un rouleau de PQ, dont on apprend qu’il « étale » plus qu’il ne « nettoie ». De plus, c’est rafraîchissant, ce qui sera bienvenu en cas de canicule 😉.

L’horloge de la semaine est celle de la fin du monde. Bonne nouvelle : l’aiguille n’a pas avancé cette année. Mauvaise nouvelle : elle reste à 90 secondes avant la fin du monde, son record historique de l’an dernier, qui est donc égalé. Le Docteur Folamour appréciera.  Le Bulletin of the atomic scientists, gardien de cette horloge qui tient le décompte depuis 1947 et la menace d’une destruction atomique globale, décrit les motifs justifiant ce niveau. On y trouve notamment, pêlemêle : crise climatique, limites planétaires dépassées, terrorisme, guerre, l’intelligence artificielle, la corruption, … En 1947, l’horloge indiquait minuit moins 7 minutes, en 1991, minuit moins 17 minutes. Et donc aujourd’hui, minuit moins 1 minute 30 secondes. Petit rappel : à minuit, c’est la fin du monde ! Conclusion du Bulletin of the atomic scientists : « it’s time for action ». Amusant, c’est aussi le slogan de (RE)SET pour 2024 😉

La poubelle à ciel ouvert de la semaine nous emmène à Dakar, au Sénégal, dans la baie de Hann, autrefois considérée comme l’une des plus belles anses d’Afrique. L’ancienne étendue idyllique de sable fin est devenue au fil des ans le déversoir des rejets toxiques des industries et des ménages, comme en atteste un reportage de l’AFP repris un peu partout. La majorité de l’industrie manufacturière sénégalaise est située le long de la baie et y évacue directement ses effluents. La pollution de l’océan y atteint des niveaux préoccupants. L’État promet depuis plus de vingt ans de s’atteler au nettoyage. Un projet de dépollution lancé en 2018 avec le soutien financier de l’Agence française de développement, Invest International, la banque de développement chinoise (CDB) et l’Union européenne piétine. Enfin, l’Office national de l’assainissement (ONAS) vient d’annoncer la reprise des travaux suspendus pendant des mois.

Le scandale de pollution de la semaine concerne la société Alteo et ses déchets toxiques tranquillement déversés pendant des années par son usine de Gardanne (leader mondial de la production d’alumine) dans la Méditerranée, amenant des « boues rouges » dans les Calanques. La justice reproche à l’industriel d’avoir déversé en mer, en plein cœur du parc national des Calanques, un effluent chargé en substances potentiellement toxiques ayant entraîné des effets nuisibles pour la santé et/ou des dommages à la faune et à la flore. Alteo vient d’être mis en examen, rapporte Le Monde… plus de cinq ans après l’ouverture d’une information judiciaire pour « mise en danger de la vie d’autrui », par le parquet de Marseille, en juillet 2018.

La grosse bête menacée de la semaine est à nouveau le loup, avec la publication prochaine d’un nouveau « Plan loup », 2024-2029 qui devrait permettre, pour faire court, d’en abattre plus. Il faut dire que les meutes, éradiquées en France en 1937 et revenues toutes seules, d’Italie, en 1992, se réacclimatent bien à nos régions. Ce qui ne fait pas le bonheur des troupeaux de moutons et de chèvres, dont la chair régale tant canis lupus, de son vrai nom. Pour autant, explique Libération, leur tirer dessus est-il la bonne solution ? Deux graphiques laissent penser que ce n’est pas évident. D’abord, si le nombre de loups a été décuplé depuis dix ans, le nombre de leurs victimes dans les troupeaux n’a été « que » multiplié par quatre et il est stable depuis 7 ans :

Ensuite, le loup est-il le principal obstacle à la multiplication des moutons (pour faire court) ? Rien n’est moins sûr puisque les troupeaux se maintiennent mieux dans les Alpes, où les loups sont en masse, qu’ailleurs, où il n’y en a pas…

Les défenseurs des loups en concluent qu’il n’y a pas de fatalité : le loup ne va pas mettre en péril l’élevage de moutons et de chèvres en France. « (Ré)apprendre à vivre avec canis lupus est possible ». Reste une question essentielle que vous poseront à coup sûr vos enfants : le grand méchant loup peut-il nous dévorer ? Pas de panique ! Discret, méfiant, enrichi peut-être par l’expérience, il évite Homo Sapiens et s’éloigne en cas de rencontre. Les attaques sont rarissimes. Le moustique tigre est beaucoup plus dangereux pour l’homme ! Comme quoi la taille n’est pas le bon critère 😊

L’éditorial de la semaine s’apparente à une rechute, celle du Figaro, dont nous soulignions dans une récente Breaking (RE)NEWS qu’il semblait enfin avoir renoncé à sa prise de position climato-sceptique et qu’il commençait à s’intéresser un peu aux questions de transition environnementale. Mais non : le 19 janvier, récidive du quotidien national conservateur dans un éditorial intitulé « Aberrations écologiques » où l’on retrouve, sous la plume du Directeur adjoint de la rédaction, tous les poncifs du genre : «  L’idéologie verte a encore frappé, détachée de toute réalité du terrain (…) Le ZAN, avatar de l’angoissante ZFE qui interdit l’accès aux centres-villes, ne constitue pas la moindre des aberrations de nos ambitions écologiques. Les agriculteurs en savent quelque chose (…) ils ne s’en sortent plus. Et se révoltent. Les propriétaires de logement ne sont pas en reste, victimes d’une réglementation tatillonne sur la rénovation thermique qui participe activement à la paralysie du marché immobilier. Dans l’énergie, le même dogmatisme vert a failli ruiner la filière nucléaire, ce miracle industriel qui nous assurait l’électricité la plus abondante et la moins chère du monde (…) L’écologie à la française est décidément un long chemin d’apprentissage », conclue Le Figaro. On serait tenté d’ajouter que les enjeux et les modalités de la transition constituent, eux aussi, un long chemin d’apprentissage… pour les journalistes du Figaro !

La devinette de la semaine dernière s’adressait à tout le monde et nous transportait dans une vidéo aussi désopilante qu’informative. Question posée : qui est donc ce personnage vert qui n’est peut-être pas sur la liste des invités ? Réponse : il s’agit de « Cara… Carbon… Tetrachloride » et elle fait partie de la « Sin List », identifiée par l’ONG ChemSec comme faisant partie de ces molécules que l’on ne veut plus voir entrer dans « The Product » 😊 

La devinette de cette semaine s’adresse aux amoureux de la langue française. Que signifie ce mot que l’on voit apparaître de plus en plus dans certains documents officiels, y compris récemment la lettre de mission du Premier Ministre sur les REP : « parangonnage » ? L’indice : il s’agit de lutter contre les anglicismes 😉

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