BREAKING (RE)NEWS DU 8 SEPTEMBRE 2023 : L’EFFONDREMENT CLIMATIQUE A COMMENCE

C’est une rentrée en fanfare pour la transition économique et environnementale en général et (RE)SET en particulier ! Commençons par le plus important : (RE)SET, donc 😉. Crayons affutés, agendas surchargés, c’est notre quatrième rentrée, en fanfare ! Avant, la croissance (RE)SET, c’était « Fast ». Maintenant, c’est Fast and Furious + Hulk pas content + L’Arme Fatale + Mission Impossible dans une superproduction verte et tonitruante ! Des films d’action, car tout (RE)SET est là : AGIR pour gagner les batailles de la transition, au bénéfice de tous et d’abord de nos vénérés clients-partenaires. Le mode fusée (propre) est enclenché ! Dans cinq ans, l’esplanade du Palais Royal sera trop juste pour nous accueillir 😁

Vous l’avez noté sur la photo, même les super-héros de (RE)SET peinent à supporter l’intensité du soleil. Il faut dire que « L’effondrement climatique a commencé ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a le chic pour trouver des mots de poids, ceux qui ont un impact, sinon sur le climat, au moins sur les médias et l’opinion publique, ce qui est utile pour mettre la pression sur les gouvernements. La formule choc a marqué les esprits :

Le chef de l’ONU commentait à sa manière l’annonce glaçante de l’observatoire européen du climat Copernicus : juin, juillet et août ont été « les trois mois les plus chauds depuis environ cent vingt mille ans, c’est-à-dire depuis le début de l’histoire de l’humanité ». Au moins, les choses sont claires. Doit-on pour autant parler d’effondrement climatique ? Non, répond Emilie Crémin, chercheuse associée à l’université de Glasgow, qui poursuit : « si le terme « effondrement » est initialement employé par les biologistes qui travaillent sur l’effondrement de la biodiversité, l’expression ne s’applique pas bien au climat, car lui ne s’effondre pas, il change». De fait, les formules d’Antonio Guterres ne sont pas empruntées au vocabulaire des scientifiques, ce qui surprend parfois, mais bien des politiques. Et l’on ne peut, sur le plan médiatique, que s’en féliciter : une formule du patron de l’ONU a sans doute autant d’impact sur l’opinion publique qu’un rapport du GIEC…

Pour revenir en France et en finir avec la météo (jusqu’à la semaine prochaine, sans doute), ici aussi, « jamais une rentrée n’a été aussi chaude », même TF1 l’a remarqué. Paris connaît en conséquence un pic de pollution à l’ozone, car tout est lié… Mais l’Ile-de-France n’est pas seule à souffrir de cette canicule tardive, les records succédant aux records, un peu partout.

Une ambiance qui renforce, peut-être, l’impatience des médias qui ont été plusieurs à remarquer que l’on attend toujours la grande présentation de la planification écologique nationale. Les Echos évoquent un angle mort de la rentrée politique tandis que Libération stigmatise les atermoiements qui repoussent régulièrement la tenue du fameux Conseil de Planification Ecologique attendu depuis plusieurs mois. Il faut dire qu’il y aura des conséquences budgétaires et que le projet de loi de Finances se profile. Les gazettes laissent entendre que le Secrétariat Général pour la Planification Ecologique a bien travaillé mais que le résultat est « difficile à communiquer, qu’il faut trouver les mots ». Peut-être devrait-on demander l’aide d’Antonio Guterres 😉. En attendant, on recommande à certains membres du gouvernement, et non des moindres, d’éviter de prendre l’avion pour des trajets de 36 minutes, cela fait désordre, dans le contexte.

Autre ambiance plus au Sud, au Kenya, où s’est tenu le premier « Sommet Africain sur le Climat », avec là de vrais sujets abordés. Dans ce pays, la sécheresse d’une intensité inédite depuis quarante ans a décimé le bétail, la faune sauvage et plongé dans la faim près de 4 millions de personnes sur une population de 50 millions. Le Monde cite fort à propos l’un des participants qui rappelle que « personne ne conteste que l’Afrique, qui n’est en rien responsable du réchauffement, est le continent qui en souffre le plus » . Le Kenya est d’ailleurs un pays modèle sur ce continent, avec 90% de son électricité issue d’énergies renouvelables. Une réussite d’autant plus notable que selon le dernier rapport de l’AIE, paru mercredi, l’Afrique (20% de la population mondiale) n’attire que 3% des investissements mondiaux dans l’énergie. Lors même que plus de 40% de la population de ce continent attend encore un accès à l’électricité. Des chiffres dont il faut se rappeler, parfois, pour comprendre où sont les vraies problématiques et priorités… Le sommet a accouché de la demande de création d’une taxe mondiale sur les émissions de carbone, « incluant une taxe sur le commerce des énergies fossiles, le transport aérien et maritime ». Celle-ci, à laquelle pourrait s’ajouter « une taxe sur les transactions financières », permettra de « fournir des financements dédiés, abordables et accessibles pour investir dans des projets climatiques à grande échelle, sans puiser dans les ressources [intérieures] et sans subir l’influence indue d’intérêts géopolitiques et nationaux ». De quoi nourrir les discussions de la future COP 28, en novembre prochain, dont on se souvient qu’elle se tiendra à Dubaï, pays particulièrement peu favorable à ce type de taxe. De quoi nourrir aussi, sans doute, les débats du prochain « sommet du développement durable olympique » à Paris, l’été prochain.

Place à nos rubriques hebdomadaires avec, pour commencer, le coup de gueule de la semaine, lâché aux Echos et sur France Info par le glaciologue Jean Jouzel. Un scientifique généralement calme, au point d’avoir été invité par le MEDEF à son université d’été et qui s’est retrouvé à débattre avec le patron de TotalEnergies. Comme il le raconte aux Echos : « « face à l’inertie des décideurs, à la fin j’en ai marre », ce qu’il a répété à France Info pour être sûr d’être bien compris, taclant au passage Patrick Pouyanné, qui lui a expliqué « pourquoi il allait continuer comme avant ».

Le portrait de la semaine est consacré à « la relève », pour reprendre l’expression du Monde Campus, qui nous explique que Paloma Moritz l’incarne bien, à la tête de la rubrique environnement de « Blast ». Elle se décrit comme « engagée mais pas militante », ce qui nous va bien, chez (RE)SET.

Le big-bang de la semaine est en vue dans le monde des poubelles, mais il est en retard, nous expliquent Les Echos, qui détaillent les difficultés -et les coûts pour les différents acteurs- de   l’arrivée prochaine du tri des déchets alimentaires

Les Echos toujours nous vantent les mérites de la plante miracle de la semaine, dans les rêves les plus fous du secteur aérien. La cameline, tel est son doux nom, a pour vertu de pouvoir être transformée « relativement facilement » en biocarburant. Les premiers hectares (3,5 pour être précis) viennent d’être plantés en France. Une surface confortable pour un parc d’enfants, mais selon les calculs des Echos, il faudrait 550 000 hectares pour ne serait-ce qu’approcher des objectifs pourtant bien modestes du secteur (2% de biocarburants pour l’aviation en 2025…). Le rêve paraît lointain.

Puisque nous sommes dans l’aérien, restons-y avec le lobbying de la semaine : celui du secteur aérien contre les nouvelles taxes.  Le gouvernement voudrait introduire de nouveaux prélèvements pour financer le plan rail et la transition énergétique, ce que refusent les acteurs de l’aérien. Gestionnaires d’aéroports et compagnies aériennes, ciblés en raison de leurs responsabilités dans le réchauffement climatique, sont vent debout contre tout alourdissement de leur fiscalité. « C’est une source d’inquiétude et d’incompréhension pour le secteur », déplore Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français (UAF), qui trouverait « plus juste et cohérent que ce soient les voyageurs du train qui contribuent au plan de financement du rail plutôt que les passagers de l’aérien, qui vont déjà devoir financer la transition énergétique » du secteur. Au moment où l’idée est plutôt de diminuer les tarifs du train pour les rapprocher de ceux de l’avion, la suggestion de l’UAF aura du mal à convaincre…

D’autant que la découverte de la semaine (et des précédentes) nous fait rester dans l’aviation avec des scientifiques qui commencent à comprendre et mesurer l’intensité de la pollution liée aux traînées de condensation. Depuis quelques années, des scientifiques du monde entier s’intéressent de près aux effets non CO2 du transport aérien. C’est-à-dire à la pollution de l’aviation autre que celle liée aux émissions de dioxyde de carbone. « Deux tiers du réchauffement climatique lié à l’aviation ont pour sources ces effets non CO2 », selon certains experts cités par Le Monde. « A l’intérieur de ces effets, ce sont les traînées de condensation qui ont l’impact le plus important et le plus visible » sur l’environnement, relève Matteo Mirolo, spécialiste de l’aviation durable au sein de l’ONG Transport & Environnement. Les traînées se forment à la sortie des réacteurs par la condensation de l’eau autour des suies rejetées dans l’atmosphère après la combustion du kérosène.

Le sujet qui fâche de la semaine est, une fois de plus, le plastique et comment l’intégrer, ou pas, dans la transition mondiale. Le Monde a publié plusieurs articles, dont celui-ci, titré « l’humanité toujours sans solution »-, particulièrement défaitiste et fataliste. Dans ce domaine où (RE)SET a quelque légitimité à s’exprimer, ayant notamment aidé à la mise en place en France du premier consortium sur le sujet majeur du plastique dans le packaging (près de 40% de la demande de plastique en Europe, comme le rappelle Le Monde), la réalité s’accommode mal de simplification excessive. De fait, des produits de substitution existent déjà, au moins dans certains domaines. Dans d’autres, nettement plus gourmands, des alternatives, biosourcées ou non, sont en rapide développement. En vérité, la technologie est là, les ingénieurs aussi, ce qui manque le plus est souvent la volonté de faire 😉. On ne rattrape pas en quelques années des décennies de R&D fructueuse en plasturgie, des dizaines de milliards dépensés pour développer et affiner les qualités de ce matériau souple, résistant, imperméable, docile (sauf pour le recycler 😉), transparent, … Cela prend du temps et, surtout, coûte de l’argent. De la R&D bien sûr, mais aussi des investissements lourds, des modifications de chaînes d’usines, la mise en place de réseaux de collecte, de tri, … Cela passe donc par de forts investissements, sur la durée. Le futur traité international visant à mettre fin à la pollution plastique donnera, au moins l’espère-t-on, un coup de fouet à ces investissements, surtout s’il est assorti de sanctions dissuasives et appliquées. L’article du Monde a pour horizon 2060. Dans 37 ans. D’ici là, gageons, au vu des progrès actuels, qu’une bonne partie des problèmes liés aux plastiques -au moins les « nouveaux plastiques », ensuite il faudra continuer longtemps à s’occuper du stock existant …- devrait être réglée, si l’on s’en donne la peine.

Ce qui nous amène à la ressource de la semaine, qui a tendance à glisser entre nos doigts. Le sable, donc. Les Nations-Unies en dénoncent la surexploitation mondiale, racontent Les Echos, au point, selon Le Monde, que cette ressource clef anciennement abondante est en passe de devenir rare : chaque année, ce sont six milliards de tonnes de sable qui sont extraites du milieu marin. En Belgique, c’est simple : il n’y en a plus d’exploitable !

Consacré à une autre ressource essentielle, qui nous tient à cœur chez (RE)SET, l’eau fait l’objet de l’épais rapport de la semaine, publié par le WWF. Sans surprise excessive, on y lit que les trois quarts des nappes phréatiques en Europe sont en-deçà de leur niveau normal et que rien n’autorise à penser que cela va s’améliorer, sauf à prendre des mesures drastiques pour en limiter la consommation. A propos de transition hydrique, Bruno Bonnel, Secrétaire Général pour l’Investissement, a rédigé cette semaine une tribune dans L’Opinion qui met en avant le rôle central de la puissance publique et annonce le lancement d’un appel à projet : « Pomper un litre d’eau du sol coûte 60 fois moins cher que d’utiliser un litre d’eau recyclée. A quoi bon investir ? Il faut donc que l’Etat limite le risque financier des initiatives privées, tout en stimulant une filière économique pour ainsi créer de nouveaux business. C’est toute l’ambition de « Innov Eau », appel à projets doté de 100 millions d’euros dédiés aux acteurs qui innovent en faveur de la transition hydrique. »

Si cela ne marche pas, on peut toujours prier, peut-être, puisque l’eau est au centre de la journée catholique pour la sauvegarde de la création, nous rappelle La Croix !

Côté biodiversité animale, le prédateur de la semaine est le loup, contre lequel la Présidente de la Commission Européenne a visiblement une dent, nous raconte Libération. De fait, la réintroduction du loup a fonctionné un peu au-delà des attentes, dans certaines régions, au point qu’il devienne un danger pour d’autres animaux, dont les moutons, s’insurgent les bergers. La polémique n’est pas neuve mais s’envenime rapidement, alors que les meutes se multiplient. L’Europe envisage sérieusement de revenir sur une partie des protections dont le loup bénéficie. La présidente de la Commission européenne a elle-même eu une mauvaise expérience avec le loup : en septembre 2022, l’un d’eux s’est introduit dans un enclos de la propriété de la famille von der Leyen, dans le nord de l’Allemagne, et tué son vieux poney, Dolly. Mauvais choix !

A propos de prédateurs (on plaisante !), les banques ont été l’objet du stress test climatique de la semaine, sous la houlette de la Banque Centrale Européenne (BCE). Si elles ne se préparent pas mieux et si les accords de Paris devaient ne pas être respectés (une certitude pour chacun), le secteur financier pourrait perdre jusqu’à 21 milliards d’euros par an. Là comme ailleurs, c’est le manque de réactivité qui est en cause. La BCE le dit très bien, avec cette citation qui ne surprendra aucun lecteur assidu de la Breaking (RE)NEWS : « procrastiner est peut-être plus facile et moins cher aujourd’hui mais cela implique de payer un prix plus élevé demain ». Les stress tests n’en concluent pas moins que dans tous les scénarios, même les plus optimistes, l’économie va souffrir de l’impact climatique, les entreprises vont perdre en profitabilité et les banques vont essuyer plus de pertes. Voilà, c’est dit. Pas de réponse à la devinette de la semaine dernière, car il n’y en avait pas (!), mais cette fois vous devrez faire preuve de sagacité pour répondre à cette question : que vient faire cette jolie fleur dans la Breaking (RE)NEWS ? Pour indice, un seul chiffre : 423 milliards de dollars par an.